Marseille : comment est-elle devenue une capitale du fooding ?

26 juillet 2018

La ville de Marseille a longtemps été victime d’à priori, cette réputation de ville imparfaite et parfois violente a fait du mal à la deuxième ville de France, que ce soit économiquement et sociologiquement. De ce fait, la cité phocéenne a été largement snobée par les journalistes spécialisés et les touristes ; et ce encore jusqu’à il y a quelques années.

Mais petit à petit, grâce au dynamisme et à la volonté des autochtones, amoureux de leur ville et entreprenants, Marseille est devenue entre autre capitale de la culture, du sport et du street art. La vraie valeur de Marseille est enfin révélée et reconnue. Une autre facette de Marseille mérite d’être découverte : c’est Marseille « gourmande ». Nous vous racontons comment cette ville est devenue une capitale emblématique où l’on y mange frais, on l’on y mange vrai.

Un timing favorisant

Nous sommes en 2000 et si le big bang informatique n’a pas eu lieu, il y en a eu un qui a déferlé sur la Provence l’année suivante : c’est l’arrivée du TGV à Marseille Saint-Charles. Cette nouvelle a permis aux Parisiens de venir dans la cité phocéenne en 3 heures, aux Lyonnais en moins de deux, favorisant incontestablement la venue de touristes français mais aussi étrangers à Marseille. Les chiffres sont parlants : la gare comptait 7 millions de voyageurs en 2000 et 11,5 millions 13 ans après. (source : wikipédia)

Le Fooding met Marseille dans la lumière

C’est Le Fooding qui, en 2002, met en lumière l’ouverture du restaurant « Au Café des épices » du chef Arnaud Carton de Grammont. C’est le premier média qui a pris l’initiative parmi tous les autres de faire des focus sur les adresses marseillaises. Passionné de bons produits, Arnaud cuisine « à la marseillaise » avec épices et délicatesse, ce qui ne manque pas d’attirer l’attention du célèbre média gastronomique Le Fooding. La success story de ce restaurateur perdure dans le temps : après 13 ans de bons et loyaux services, il le quitte pour une autre affaire dans le Vaucluse avant de revenir en 2016.

Après en avoir fait un héros de la nouvelle scène culinaire française, Le Fooding développe son côté business angel et se met au début des années 2000 à promouvoir à la fois des restaurants gastronomiques mais aussi des petits établissements qui auraient pu passés inaperçus ou réservés à une clientèle restreinte..

L’union fait la force

La vague d’initiatives mettant les talents culinaires marseillais à l’honneur prendra une dizaines d’années. C’est en 2012 que nait l’association « Gourmediterranée ». Elle rassemble des chefs et restaurateurs de la région autour d’un même objectif à savoir promouvoir le savoir-faire de la gastronomie marseillaise et provençale. Cette association éclectique cherche à valoriser la diversité culinaire qu’elle soit traditionnelle, moderne, inventive ou revisitée…et ce à travers des restaurants, des bistrots comme des grandes tables et des étoilés. Ces fortes personnalités profitent de leur notoriété pour organiser une série d’évènements privés et publics, sucrés et salés, dans le but de créer une vraie effervescence autour de la gastronomie locale. Son Président n’est autre que Gérald Passedat, le premier et seul chef 3 étoiles de la région avec son restaurant « Le Petit Nice ».

Aussi, à partir de 2010, les premières émissions Top Chef sont diffusées et propulsent à leur tour certains chefs et leurs spécialités régionales devant les écrans de millions de téléspectateurs. Des émissions qui devaient être à l’origine de simples concours culinaires grand public revalorisent alors les territoires français et automatiquement, mettent Marseille et ses sous le feu des projecteurs.

Marseille, capitale européenne de la culture

Et en 2013, c’est un boum médiatique. La ville est élue capitale européenne de la culture suite à l’initiative « Marseille Provence 2013 »  les yeux du monde sont braqués sur elle. On estime à 500 millions d’euros les retombées économiques, une hausse de 60% de touristes étrangers et de 20% de touristes français selon Nouveau Tourisme Culturel. Sur un budget de 90 millions alloué au rayonnement de la ville pour cette grande campagne, une belle enveloppe est attribuée à la partie restauration marseillaise. Un changement absolument considérable pour cette ville dont on commence à parler pour sa gastronomie.

Ezéchiel Zérah, rédacteur en chef adjoint d’Atabula, média gastronomique B to B  explique que la ville de Marseille a mis un soin particulier à ce que la gastronomie Marseillaise soit valorisée au cours de « Marseille Provence 2013 » : « la programmation gastronomique au sein de l’événement était orchestrée par un ancien journaliste de Libération, passionné du « bien manger » et qui s’est vraiment soucier de mettre à l’honneur les talents marseillais, que ce soient les meilleurs producteurs locaux comme les artisans ou les restaurants gastronomiques ».

Le cercle vertueux

Dans la foulée, nombre de chef prestigieux déferlent dans la ville. En 2015, c’est Alexandre Mazzia, l’une des figures emblématiques de la gastronomie marseillaise qui ouvre le bal avec son restaurant AM, proposant une cuisine sur mesure, sans menu et uniquement avec des produits locaux. Une excellence qui lui doit une première étoile au Guide Michelin seulement six mois après son ouverture.

Des exemples comme cela, il y en a beaucoup. Ils sont d’autant plus marquants quand il s’agit de chefs parisiens qui décident de migrer à Marseille. En 2017, la journaliste gastronomique (le Fooding, Elle à Table, Les Echos…) Julia Sammut, fille de la chef étoilée Reine Sammut, a fait ses classes à Paris mais a choisi de rentrer au pays pour ouvrir son épicerie fine « L’idéale » au cœur du quartier le plus effervescent de la ville, Noailles. Elle attire à son tour tous les regards professionnels sur Marseille. C’est surement le cas du trio hyper branché Harry Cummins (chef anglais), Laura Vidal ( sommelière) et Julia Mitton (professeur de yoga reconvertie en gestionnaire de restaurant) qui après avoir ouvert à Arles ont ouvert également dans le ventre de Marseille, leur restaurant « La Mercerie » aux allures de concept store new-yorkais.

C’est également le cas de l’ancien second de Stéphanie Le Quellec au Prince de Galles, Fabien Torrente. Descendu pour devenir chef du « Palais de la Major », il ouvre très prochainement son propre établissement dans le 6e arrondissement 100% autour de produits frais.

Un dynamisme incroyable, un multiculturalisme hors du commun

Marseille a rapidement été élue capitale de la gastronomie, mais aussi capitale de la street food. A l’instar de New York, la street food est inscrite dans les mœurs de la ville. C’est une des villes les plus multi-culturelles de France : manger une pizza sur le trottoir, un maffé ou des fatayers dans Noailles, c’est dans les gènes de Marseille. C’est indéniable, la cité phocéenne est devenue une ville dans laquelle on vient pour bien manger. Nulle mode passagère, ni mise en scène, il suffit de la regarder vivre pour savoir que l’élan n‘est pas prêt de s’essouffler.

Un grand espoir pour l’avenir

Fière de l’engouement provoqué par « Marseille Provence 2013 », l’administration décide de réitérer l’aventure pour mars 2019 avec un programme d’1,2 millions d’euros alloués à la food pour promouvoir « Marseille, capitale de la gastronomie ».

« La région est fière de ses talents. Aujourd’hui, lorsqu’une délégation des Bouches- du-Rhône va promouvoir la destination de Marseille à l’étranger, elle associe très régulièrement des cuisiniers qu’elle considère comme de véritables ambassadeurs du territoire. Ils proposent alors des plats issus de la cuisine provençale ou des prestations 4 mains pour montrer le savoir-faire du pays ! » nous confirme E.Zérah.

Par ailleurs, Marseille a accueilli la 3 édition du « Festival FOOD’IN SUD » au Parc Chanot, un évènement rassemblant de nombreux acteurs afin de présenter leurs produits, équipements et solutions. Ce Festival a attiré́ en 3 jours plus 10 000 visiteurs !

Il se murmure même qu’un projet de « Taste of Marseille » ( organisé par d’autres prestataires que les autres éditions du Taste) voit le jour très prochainement.

Et c’est aussi pour toutes ces raisons que nous avons choisi de lancer nos food tours Délicity à Marseille. Pour son multiculturalisme, la richesse de ses restaurateurs et la diversité de ses artisans, Marseille est une ville incontournable quand on aime manger et découvrir une ville avec un oeil différent. De quoi faire faire rêver les curieux et les gourmands !

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